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Dans un monde où le consumérisme semble indépassable, certaines entreprises et startups de la Tech For Good, conscientes qu’il est grand temps de changer les choses ont décidé de se tourner vers une économie plus éthique et durable.

Les “entreprises à mission”, “qui définissent une finalité distincte de la seule recherche de profit (mais non incompatible avec elle)”, visent par leur existence à  “résoudre un problème de société”, comme le définit Citizen Capital dans son rapport Entreprise à mission, de la théorie à la pratique. Ces entreprises nous prouvent ainsi que l’on peut allier réussite entrepreneuriale et respect de valeurs sociales et environnementales. Elles s’inscrivent dans la vague de la Tech For Good, littéralement : la technologie pour le bien commun.

Ces entreprises se répartissent principalement sur 4 domaines qui sont : le climat, la santé, l’éducation et l’inclusion sociale.

Nous avons ainsi sélectionné 3 entreprises désireuses de changer les choses et les avons interrogées sur leur implication dans la tech for good

Ticket for Change, Une école nouvelle génération pour acteurs de changement

L’école est née d’un double constat : 1) la volonté de plus en plus de personnes d’améliorer la société et 2) une perte de sens au travail. Ticket for Change s’est créée pour permettre aux personnes cherchant à avoir un impact sur la société de réaliser leurs projets entrepreneuriaux. 

C’est suite à un voyage en Inde en train et à la découverte du Jagriti, un concept indien visant à donner de la visibilité à l’entrepreneuriat social, qu’est né l’idée de Ticket for Change. S’en est suivi un tour de France en bus de 10 jours pour explorer les nécessités d’entreprendre autour de l’hexagone. Cette initiative s’est ensuite développée pour se transformer en véritable école en 2014.

Aujourd’hui,Ticket for Change propose de nombreuses formations pour un public varié : du MOOC réalisé en partenariat avec HEC, jusqu’aux “parcours entrepreneurs” offrant un accompagnement sur 6 mois des jeunes startups en passant par les week-ends d’exploration pour faire naître des projets concrets. 

Ces formules ont, depuis la création de l’école, permis de voir grandir pas moins de 1400 projets responsables parmi lesquels on peut citer Yuka, Meet My Mama mais aussi de grands groupes accompagnés dans le cadre de projets d’intraprenariat avec des entreprises comme Valrhona ou Bonduelle.

Dans tout ce qu’elle entreprend, l’école suit trois objectifs de développement durable qui en font sa force : accélérer la transition écologique, éradiquer les formes d’exclusions sociales et développer les capacités de chacun. 

Pour Ismaël Guerrib, chargé de communication chez Ticket For Change, les projets à impact ne sont pas tout à fait identiques aux projets d’entreprises ordinaires. La volonté de l’entrepreneur durable est avant tout de répondre à un problème de société. C’est pourquoi Ticket For Change va pouvoir apporter son expertise pour faire en sorte que les projets deviennent autosuffisants et développent un modèle rentable pour permettre leur pérennité. Tout projet, aussi positif soit-il, doit être rentable ne serait-ce que pour pouvoir perdurer et continuer à faire évoluer, en bien, la société et l’environnement. Forcément, les “contraintes” induites par le respect de certaines valeurs font que le business model sera un peu plus complexe à définir mais cela est tout à fait possible comme l’ont montré de nombreuses entreprises. 

Entreprendre est un état d’esprit : il s’agit de “faire face à un problème et y trouver une solution, réussir à entrer dans le marché ». Selon Ismaël, devenir un entrepreneur durable demanderait plus de réflexion que pour un entrepreneur traditionnel car au-delà du simple aspect financier doit exister un réel sens social et environnemental. Cela demande de répondre à plus de contraintes : c’est une façon différente de voir l’entreprise.

Zei, l’accélérateur d’impacts positifs

C’est le cas de Noël Bauza, CEO de Zei qui s’est donné pour mission de permettre à n’importe quelle entreprise d’améliorer ou d’initier une démarche RSE via une plateforme en ligne. Pour y accéder, les entreprises doivent s’inscrire sur le site et peuvent, en quelques minutes, établir leur diagnostic RSE  traduit sous la forme d’un “score”. L’algorithme développé par Zei attribuera ensuite une feuille de route à suivre ainsi qu’un tableau de bord personnalisé des actions à suivre pour améliorer ce score. Ce tableau de bord fixe des objectifs de RSE incitant les entreprises à s’améliorer via des actions concrètes et avec l’aide de partenaires. L’entreprise peut ensuite partager son profil avec les salariés, recevoir leurs suggestions ou faire de la communication grand public sur ses actions.

Ce service a été conçu pour éviter l’effet greenwashing. La feuille de route contenant les missions que l’entreprise doit accomplir est générée selon un algorithme. Cela signifie que pour augmenter son “score”, l’entreprise ne peut pas choisir les actions prioritaires et doit s’améliorer à tous les niveaux et ne peut donc pas faire semblant. Prenons l’exemple d’un site de textiles français “bio”. Un des objectifs sera de ne pas seulement s’arrêter au bio pour se donner une bonne image mais de se fixer des objectifs ambitieux tels que de passer à 50% de gamme durable pour 2020. 

 

Ess: Penser à la planète et aux hommes avant la rentabilité

Cette plateforme permet de répondre à une demande qui va au-délà des entreprises : nombreux sont les particuliers qui essayent d’améliorer  leur impact social et environnemental mais ne savent pas toujours vers quelles entreprises se tourner pour consommer mieux. C’est pour cela que les particuliers peuvent retrouver de nombreuses initiatives responsables sur le site Zei.

Du côté de l’offre, de nombreuses marques veulent agir mais ne savent pas toujours par où commencer et comment bénéficier de tout l’impact positif de la RSE sur leur business. Avec Zei, n’importe quel professionnel peut prendre le rôle d’un manager RSE, grâce à la démocratisation d’un métier initialement réservé aux experts, comme l’a déjà fait la startup Alan dans le domaine de l’assurance santé. 

Noël Bauza nous confiait avoir pour ambition de devenir “le Linkedin de l’impact de l’environnement”. C’est dans cette optique que Zei, qui a déjà convaincu plus de 1200 entreprises depuis 2015, et compte, d’ici moins de 6 mois, effectuer une levée de fonds de 700k€ dans le but d’accélérer la commercialisation de son outil en recrutant deux nouveaux talents pour venir compléter l’équipe d’une dizaine de collaborateurs.

Koena, pour un web accessible à tous

Cette entreprise aussi s’apprête à lever des fonds au premier trimestre 2020, pour se développer en France et à l’international. Sa mission : démocratiser l’accessibilité numérique et faire connaître le sujet, le faire comprendre et surtout faire agir. L’objectif de Koena est de rendre accessible le numérique aux personnes handicapés en aidant les entreprises créatrices de sites : conformité aux normes, conseils et formation. Pour ce qui est de la formation, Koena propose également des MOOC comme celui sur la création de mooc inclusifs. Le problème de l’accessibilité est encore trop ignoré puisqu’aujourd’hui de nombreuses personnes en situation de handicap se retrouvent dans l’incapacité de se servir d’un site internet correctement à cause d’une inadaptabilité de celui-ci.

Un web plus accessible avec l'ess

Koena a ainsi développé Koena Connect, une plateforme permettant de mettre en relations usagers et producteurs de contenus numériques. L’objectif est d’inciter le plus d’entreprise possible à mettre en oeuvre une démarche d’accessibilité sur leurs sites. 

Armony Altinier, fondatrice de Koena s’est aperçue que le premier frein à la création d’un site plus accessible est le manque d’information. Une majorité de personnes et d’entreprises ne sont pas conscientes des nécessités d’accessibilité pour les personnes handicapés. Le second frein est la mise en oeuvre depuis le sommet de l’organisation. Il faut que des personnes qui ne communiquaient pas dans l’entreprise apprennent à le faire car cela demande de repenser l’organisation puisque l’accessibilité nécessite l’intervention d’acteurs différents ainsi qu’un décloisonnement des fonctions.

Temps et argents sont généralement des freins évoqués mais ne sont pas de “vrais” freins…. Alors si vous ne vous étiez jamais posé de questions concernant l’accessibilité numérique de votre site, penchez-vous sur la question et n’hésitez pas à vous faire accompagner par Koena. Sa priorité : l’écoute client par la compréhension de leurs besoins tout comme ceux des bénéficiaires avec qui elle teste toutes les solutions qu’elle propose.

L’ impact positif : un levier de croissance ?

Comme le souligne le think tank « Galion Project« , l’impact devient peu à peu la nouvelle norme pour les entreprises. Tous les acteurs de la chaîne sont sensibles au rôle tenu par l’entreprise dans la société, que ce soit les consommateurs, les jeunes diplômés, les collaborateurs mais aussi les actionnaires et les corporates. En effet, sous la pression de ses investisseurs, le groupe Shell a dû indexé une partie de la rémunération de ses dirigeants sur l’atteinte d’objectifs climatiques. Ou encore Larry Fink, CEO de Black Rock, le plus gros gestionnaire d’actifs au monde, exigeait de ses équipes qu’elles investissent dans des entreprises qui contribuent positivement à la société.

Le même rapport du Galion Project rapporte une étude de l’université d’Oxford, qui établit une corrélation entre les bonnes pratiques commerciales en matière de durabilité et la rentabilité économique. On assisterait à un changement de paradigme : les performances économiques ne sont plus le seul indicateur pour une société. Désormais les entreprises peuvent intégrer l’impact dans leurs indicateurs de performance et l’on ne peut que s’en réjouir.