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Dans cet article, Philippe Marty, Head of Corporate Finance chez WeSprint, vous éclaire sur ce que sont les fonds propres et surtout comment avancer lorsqu’on en a peu grâce à des étapes clés. De précieux conseils qui vous permettront d’entreprendre et de lancer votre startup dans de bonnes conditions !

Portrait de l’expert financier

Philippe Marty, expert finanicer pour le financmeent et la levée de fonds de startupAprès avoir travaillé dans une banque d’investissement, dans une société d’investissement, dans le service fusion et acquisition de KPMG à Paris et dans la grande distribution au sein du groupe Les Mousquetaires, Philippe Marty décide finalement de créer sa société de consulting financier. Il participe d’ailleurs activement à la levée de fonds de WeSprint de 2,9 millions d’€ en 2018 avant d’être sollicité plus régulièrement sur des problématiques startups. Une véritable polyvalence et une connaissance du marché infaillible qu’il met aujourd’hui au service des startups accélérées par WeSprint et l’accélérateur en lui-même.

Aujourd’hui, Philippe Marty est donc le « Monsieur Finance » de WeSprint avec la gestion de trois pôles :
– CFO, directeur financier.
– L’accélération sur la partie finance des startups (levée de fonds -dettes ou equity-, business model, business plan, …).
– Corporate finance avec la levée de fonds et une offre pour les sociétés qui ont levé des fonds et qui doivent structurer leur direction financière, leur reporting et les relations avec les banques.

Définition des fonds propres

Dans une entreprise, les fonds propres s’apparentent :

  • Aux sommes versées par les associés dans le capital.
  • Aux bénéfices annuels qui ne seront pas distribués en dividende.

En bref, c’est la source de financement principale pour les sociétés. Sans rentrer dans un cours de comptabilité, les fonds propres se matérialisent par le haut du passif. En effet, on classe le passif (ce qui est exigible auprès de tiers) entre le moins exigible en haut, donc les fonds propres et ce qui est le plus exigible en bas. Si l’on prend l’exemple d’une société en liquidation, elle devra rembourser toutes les dettes vis-à-vis des salariés, des fournisseurs et de l’état dans un premier temps, et elle remboursera ensuite les banques puis les actionnaires. Les fonds propres serviront à payer les actionnaires, d’où l’importance d’avoir des fonds propres importants lorsqu’une entreprise souhaite financer sa croissance.

De quoi sont constitués les fonds propres d'une startup

De quoi les fonds propres sont-ils composés ?

On retrouve plusieurs formes de fonds propres :

-le capital social, c’est l’argent qui est apporté par les actionnaires ou des actifs corporels comme des PC, des voitures, du matériel et des actifs incorporels comme des plateformes mobiles ou des logiciels…

-les augmentations de capital qui se traduisent souvent par des primes d’émission grâce à du love money ou des business angels.

Le résultat généré par la société, que ce soit le résultat de l’exercice ou les résultats passés et qu’ils soient négatifs ou positifs.

La notion de quasi-fonds propres :

Les quasi-fonds propres permettent également de renforcer les fonds propres d’une entreprise. On les appelle également « dette mezzanine », car ils se situent légitimement entre les fonds propres et la dette. Ils comprennent les emprunts obligataires et se matérialisent par des dettes longs termes. Cette dette permet d’avoir de l’argent qui va rester bloqué et cela est rassurant pour les banques.

Pourquoi les fonds propres sont-ils importants au sein d’une startup ?

Les fonds propres sont un gage de solidité. Ils sont le reflet de la valeur que laisse l’actionnaire dans la société. Plus ils sont élevés plus les partenaires sont rassurés. Mais les fonds propres sont également importants pour obtenir des subventions, car certaines sont octroyées en fonction de la valeur des fonds propres. En bref, plus on a de fonds propres, plus on peut aller chercher des subventions ou de la dette.

Une entreprise peut-elle être pérenne sans fonds propres ?

« On peut, c’est le cas de nombreuses entreprises qui commencent sans fonds propres. Mais il faut être conscient que les fonds propres, c’est le cash de l’entreprise et c’est aussi sa durée de vie. On parle également de date de mort », explique Philippe Marty. « On peut cependant minimiser les dégâts :

– en ayant par exemple un burn très faible, c’est-à-dire peu de dépense. C’est pour cette raison que de nombreux entrepreneurs sont indemnisés par Pôle Emploi lors de la création d’une entreprise. Cela laisse 1 an et demi voire 2 ans pour générer des bénéfices et envisager de se verser un salaire.

– en allant chercher des aides au niveau de Réseau Entreprendre ou Initiative pour obtenir des prêts entre 20 000 et 30 000 euros. La Love Money peut également être un moyen de se laisser le temps de faire du bénéfice et surtout faire grandir l’enveloppe qui permettra d’obtenir des aides BPI ou des subventions régionales.

– en bootstrappant. Le bootstrapping est l’élément indispensable pour avancer sans fonds propres et avoir une entreprise pérenne. »

Les fonds propres restent donc essentiels pour le déploiement d’une entreprise, car ils offrent du temps. Plus il y a d’argent au sein d’une entreprise, plus l’entreprise a du temps devant elle. C’est une notion plus qu’importante pour les startups qui souhaitent démarrer avec peu de fonds propres.

Startup, les étapes pour avancer sans fonds propres

Les étapes pour avancer sans fonds propres

Si la startup a peu de fonds propres, la première étape sera probablement de bootstrapper le plus rapidement possible, c’est-à-dire s’autofinancer et faire avec ce qu’on a sous le coude : des économies, des amis, du temps…

Mais la startup doit impérativement aller chercher de l’argent auprès des clients afin d’augmenter ses fonds propres en consolidant le résultat. La seconde étape visera à ajouter de l’apport non numéraire (corporels ou non corporels) au capital, et ce, après la création de la société.

La troisième étape doit permettre à la startup d’aller chercher des prêts d’honneur de type Initiative ou Réseau Entreprendre qui octroie par exemple des prêts personnels à hauteur de 30 000 ou 40 000 euros pour qu’ils soient injectés au capital soit sur déposés compte courant bloqué.

Pour terminer, la startup pourra lever des fonds en equity auprès de business angel ou VC et peut-être lancer une campagne de crowdfunding sur un site de type wiseed, qui permet à des particuliers de réaliser des investissements participatifs. Elle complètera par des subventions et avances remboursables obtenues auprès de BPI France et de la région.

Mais selon Philippe Marty, il faut être vigilant afin de bien différencier les fonds propres et la dette, car ils ne représentent pas les mêmes risques.

« Les fonds propres, c’est l’argent qui vient soit des actionnaires, des fondateurs ou des investisseurs, et ils sont parfaitement au courant des risques qu’ils prennent. Ils investissent avec le risque de perdre de l’argent. Par ailleurs, les banques ne sont pas du tout dans cette démarche. Elles prêtent de l’argent et il doit être remboursé, d’une façon ou d’une autre. L’argent qui provient donc de la dette doit être utilisé dans le cadre d’un investissement avec retour sur investissement. L’argent obtenu en equity ne doit pas être remboursé, il est donc là pour servir à des POC (Proof of Concept) par exemple. Les emprunts doivent donc intervenir après le market fit. »

Les solutions pour avancer sans fonds propres

Sans fonds propres, tout sera une affaire de timing pour les entrepreneurs. Pour la plupart, ils devront trouver une rémunération en parallèle de la création de l’entreprise ou ils devront trouver le moyen d’augmenter leurs fonds propres. Pour cela, il existe des solutions :

–       Être salarié : cela permet de lancer une entreprise en recevant malgré tout un salaire. L’idée aura le temps de mûrir et l’entrepreneur aura le temps nécessaire pour analyser et tester son marché, sans besoin de cash immédiat. Allier le salariat à la création d’entreprise demande cependant énormément de temps, d’énergie et de détermination.

–       Être au chômage et toucher des indemnités : le chômage permet également de gagner du temps avant que l’entreprise soit out of cash. Le chômage laissera donc 1 an et demi voire 2 ans à l’entreprise pour trouver un modèle rentable et se concentrer à 100% pour le développement de l’entreprise.

–       Être freelance : le freelancing permettra de subvenir à vos besoins de manière régulière ou ponctuelle. C’est une option qui est choisie par de nombreux entrepreneurs, car elle est flexible et elle permet de gagner de l’argent rapidement à un moment T. La prestation de service peut également servir à renflouer les caisses de l’entreprise lorsqu’elle est en manque de cash.

–       La Love Money : Ce n’est jamais facile, mais demander de l’argent à votre entourage vous offrira de la flexibilité pour augmenter les fonds propres de l’entreprise.

–       Trouver des business angels : si votre projet est prometteur, des business angels n’hésiteront pas à investir dans votre business. Pour cela, il faut savoir comment convaincre des investisseurs.

–       Les aides et les subventions : cette étape consistera à aller chercher des aides proposées par certains réseaux et des subventions régionales.

–       Négocier les délais de paiement : cette dernière solution est l’une des plus simples à mettre en place, à condition d’avoir des fournisseurs compréhensifs. La négociation des délais de paiement permettra à l’entreprise de lisser les paiements et d’avoir plus de trésorerie.

Pourquoi faire le choix de l’accélération avec WeSprint ?

L’accélérateur vous permettra tout simplement d’optimiser le développement de votre startup, même pour les entreprises qui sont d’ores et déjà rentables. L’accélérateur propose des prestations «à la carte » pour coller à des besoins individuels. Chaque startup, en fonction de sa typologie et de son stade par exemple, n’aura ni les mêmes besoins ni les mêmes attentes vis-à-vis de cette accélération. WeSprint s’engage donc à s’adapter à la demande.

Concernant la partie levée de fonds, Philippe Marty développe,

« Chez WeSprint, on accompagne les startups qui souhaitent lever des fonds. C’est l’une de nos forces. On évalue tout d’abord le ‘stade’ de la startup, car elles ne sont pas toutes prêtes à lever. On mise d’ailleurs beaucoup sur la force d’une équipe avant de miser sur une technologie par exemple. Avec énormément d’ambition, il est possible de lever des fonds sans produit, mais pour être sûr de mener à bien une levée de fonds, on va attendre un certain niveau de traction et des retombées positives des POC (Proof of Concept). Entre les deux, c’est difficile.

Notre rôle chez WeSprint c’est vraiment d’aider les startups à trouver leur market fit et les levées de fonds arrivent régulièrement après l’accélération. Et c’est cohérent. Une fois que le market fit est trouvé et que le modèle fonctionne, les startups ont besoin d’argent pour dupliquer le modèle et les levées sont d’autant plus faciles, car les investisseurs sont confiants. »

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Kevin.d
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