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Avec 3,8 milliards d’euros levés à la fin de ce troisième trimestre, les levées de fonds en France sont déjà supérieures à celles de l’ensemble de l’année 2018 qui avaient atteint les 3,4 milliards d’euros . Dans son dernier baromètre des levées de fonds, In Extenso met en lumière cette évolution représentant un bond de 51% des investissements en capital-risque comparé à l’an passé.Cette évolution ne s’arrête pas à la France mais concerne également l’Europe en général qui voit le montant global investi augmenter de 32%.

Mais qui sont les grands bénéficiaires de ces opérations?

Vous l’avez sans doute vu passer : l’écosystème français est tracté par la levée record de Meero. L’application à destination des photographes, utilisée aujourd’hui à l’international, est devenue en juin la sixième licorne française avec une levée de plus de 200 millions d’euros. Non loin derrière, une scale up devenue licorne au début du second trimestre, Doctolib, a réalisé une première méga-levée de 150 millions d’euros. Cet investissement s’inscrit dans la tendance selon laquelle le secteur de la santé est le premier bénéficiaire de fonds en Europe, devant la FinTech. Enfin, troisième sur le podium, Wifirst, un opérateur de réseau wifi à destination des professionnels.

Ces levées ne dépassent tout de même pas celles du trio de tête européen mené par le Londonien Deliveroo, réalisant une énorme levée de fonds dans laquelle l’investisseur principal n’est autre qu’Amazon. On retrouve également, non loin derrière, UiPath, récemment classée troisième dans le classement Cloud 100 du magazine Forbes et FlixBus réalisant chacune des levées de plus de 500 millions d’euros afin de développer leur activité.

La France, sur le podium mais pas première

Bien qu’elle soit largement au dessus de la moyenne en terme de montant total des investissements en Europe pour ce début d’année 2019, la France se situe légèrement en dessous de la moyenne concernant les tickets moyens autour de 9,3 millions d’euros, inférieurs aux 10,7 millions d’euros de moyenne européenne. Cela s’explique par le recul de 13% du nombre de transactions en France, ainsi que par une hausse des montants moyens investis à l’échelle européenne.

 

Argent

Ces variations ont pour effet une très forte évolution du ticket moyen atteignant les +99% en Europe ! En France, celui-ci est aussi en forte croissance avec une hausse de 66% cette année lui permettant de se retrouver dans le top 3 des tickets moyens les plus élevés juste derrière l’Allemagne et le Royaume-Unis.
Patricia Braun, présidente associée chez In Extenso croissance, confiait à Usine Digitale que cette forte augmentation du ticket moyen était un “signal fort” soulignant une “tendance de fond” observée depuis 2017, date depuis laquelle les tickets moyens ne cessent d’augmenter.

La France est donc en bonne posture mais l’écart la séparant de ses deux voisins, européens, en tête de classement, est important. Selon l’étude « Blooming late » menée par la licorne Stripe et le site d’information Tech.eu, l’Allemagne et le Royaume-Unis cumulent à eux deux plus d’investissement ses trois dernières années que tous les autres pays européens réunis, à côté de cela, aucun fonds français ne se situerait dans le top 10 investisseurs en Europe en volume.
Face à ce constat, Emmanuel Macron a dévoilé en septembre une enveloppe de cinq milliards d’euros destinée au financement late stage. L’objectif est clair : Atteindre le nombre de 25 licornes en France pour l’année 2025, objectif largement atteignable selon Bpifrance : « Je pense que c’est tout à fait réaliste », commentait Paul-François Fournier, directeur exécutif de l’innovation chez Bpifrance sur le plateau BFM TV. « On en a eu 4 au premier semestre donc à ce rythme-là, on sera probablement même plus que ça! Aujourd’hui, on en a 7 ou 8 mais je vous rappelle qu’on est resté très longtemps à 3 ou 4. »

La Deeptech, grand gagnant des investissements

Le secteur de l’innovation connaît une merveilleuse année, notamment en France où il réalise un total cumulé de 1,1 milliard d’euros investis soit près de 15% de l’investissement total de la Deep Tech Européenne. Au sein de la Deep Tech, les domaines les plus porteurs aux vues des montant levés sont ceux de l’IA, les technologies de reconnaissances et de machine learning. Et cela tombe bien car d’après une récente étude menée par France Digitale et le cabinet de conseil Roland Berger, la France aurait levée d’avantages de fonds dans le secteur de l’IA que le Royaume-unis durant le premier semestre 2019.

De quoi donner, à raison, des rêves d’ambition aux entrepreneurs. C’est en tout cas ce type d’entrepreneurs, ambitieux que Maximilien Bacot, du fonds d’investissement Breega, recherche.

Les levées de fonds sont-elles la panacée ?

Comme le soulignait Christophe Bregeras, chef de service aux Echos, on constate un certain agacement autour de la publicité faite sur les méga-levées et sur ces fondateurs de startups érigés en héros. Pourtant, le journaliste rappelle que “avec la création de 25.000 postes dès l’an prochain, les start-up tricolores vont peser pour 10 % des nouveaux emplois générés par l’économie française en 2020.” Et que « dans un environnement extrêmement concurrentiel, les startuppeurs misent avant tout sur l’engagement à long terme avec leurs collaborateurs. 94 % d’entre eux bénéficient par exemple d’un contrat à durée indéterminée, rappelle le cabinet EY dans son baromètre annuel de la performance économique et sociale de la French Tech.”
Il ne faut pas oublier également le rayonnement à l’international des entreprises innovantes françaises. Ce même baromètre constate une croissance de +20% du chiffre d’affaires des startups à l’international. Une tendance évidemment portée par les licornes qui s’étendent sur plusieurs marchés. En 2018, 61% des revenus des startups étaient générés à l’étranger.

Startup early-stage : le casse-tête de l’investissement

Cependant, les startups dans leurs premières années font toujours face à des difficultés pour se financer. L’étude menée par le cabinet Mazars et Estimeo montrait qu’en 2018, le besoin estimé en capitaux pour les startups early-stage s’élevait à 4,3 milliards d’euros sur 18 mois, alors qu’elles n’ont réussi à en lever que la moitié (2,3 milliards d’euros) en 2017.
C’est pourquoi des acteurs comme WeSprint imaginent de nouveaux modèles pour aider les entrepreneurs à leurs débuts, en proposant un programme d’accélération couplé à un investissement entre 25 et 100k€. L’ambition est d’imaginer de nouveaux types de business angels capables d’apporter des moyens mais également des conseils et un support opérationnel pour utiliser cet argent à bon escient.

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