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WeSprint était présent à la 15ème édition d’Occitanie Invest le vendredi 21 novembre, un rendez-vous réunissant les entrepreneurs d’Occitanie voulant lever des fonds et des investisseurs.
Trois acteurs régionaux ont accepté de répondre à nos questions, Séverine Taillades directrice de participations chez Irdi Soridec Gestion, Anne-Cécile Roux, chargée d’affaires chez Créalia Occitanie et Michel Pradille Président d’Occitanie Angels et Capitole Angels, présent en tant que membre de Créalia Occitanie. Voici leurs réponses à nos questions :

Quelles sont les erreurs les plus communes chez les entrepreneurs qui recherchent des fonds ?

Séverine Taillades, Irdi Soridec : “ Premièrement, de ne pas assez anticiper sa levée de fonds et chercher des investisseurs trop tôt. Une levée de fonds prend du temps. Elle s’anticipe et ne se fait pas dans l’urgence.
Deuxièmement, se focaliser sur la valorisation et la dilution, voir trop à court terme et pas assez à long terme. Il faut penser au projet et à l’aspect financier, il est important de bien faire la distinction entre valeur psychologique et réelle de son projet.
Troisièmement, sous estimer la concurrence. Les fondateurs qui proposent des innovations technologiques sous estiment souvent la concurrence indirect. S’il n’y a pas de concurrence c’est parfois car il n’y a pas de marché. Je préfère recevoir un dossier présentant directement les concurrent plutôt que l’inverse, cela prouve que le marché est appréhendé et testé.”

Michel Pradille, Occitanie Angels : “ L’important pour la startup qui souhaite lever des fonds est d’être prête, souvent c’est cela qui pose problème. Certaines startup arrivent avec une bonne idée mais la trésorerie n’est pas prête. Il faut anticiper ses besoins en trésorerie de manière plutôt pessimiste pour assurer ses arrières. Il faut arriver avec des plan B, C ou même D pour pallier l’imprévu, généralement il faut être prudent dans l’estimation de la trésorerie et trouver le juste milieu entre pessimisme et optimisme.”

Anne-Cécile Roux, Créalia : “La première des erreurs que l’on rencontre le plus souvent consiste à penser que l’on peut tout faire seul : gérer son entreprise et sa levée de fonds. La deuxième est de vouloir lever trop tôt, quand l’entreprise n’est pas encore valorisée. Enfin, la troisième : l’entrepreneur oublie souvent la partie activité de son entreprise en se focalisant uniquement sur la recherche de fonds pendant un moment.

Une startup qui vous a particulièrement impressionné récemment ?

Séverine Taillades : “Exotrail, un propulseur électrique pour satellites financé en juin 2018. À l’époque, leur objectif était ambitieux : réaliser un prototype pour fin 2019. Ils ont fait preuve d’une telle capacité à fédérer leur équipe pour tenir la roadmap qu’ils ont réussi à avoir quelque chose de prêt en temps et en heure. Cela est rare car généralement les projets tech prennent du retard. Eux y sont parvenus et leur propulseur sera bientôt lancé dans l’espace.”

Michel Pradille : “La dernière startup qui m’a impressionné se trouvait dans l’IOT. Une startup avec de bons dirigeants, ayant de l’expérience mais qui ont dû faire face à un marché pas tout à fait prêt pour leur innovation. Ils ont réussi à patienter le temps que le marché se développe. Ils ont su se poser les bonnes questions et aujourd’hui cela leur profite puisqu’ils ont une belle croissance grâce à leur patience.”

Voyez-vous émerger des tendances d’investissement pour l’année à venir ?

Séverine Taillades : “Il y a de plus en plus de projets digitaux, ainsi que dans l’IA et le Big Data par exemple, des sujets qui, il y a quelques temps, n’étaient encore évoqués que par des experts. L’Irdi Soridec finance de plus en plus de projets digitaux, même dans des entreprises industrielles. La digitalisation est un vrai enjeux, c’est pourquoi depuis quelques temps, l’Irdi Soridec élargit son scope vers la Deeptech. La deeptech est un secteur qui présente des particularités pour l’amorçage : le hardware est difficile à financer car nécessite un développement long et cela peut rebuter certains investisseurs. Au contraire, dans le software et le digital, le ROI est rapide.”

Michel Pradille : “ Capitole Angels est un fonds éclectique, mais néanmoins, on remarque de plus en plus de digital mais aussi des projets comme des robots sous marin, de la microbiologie… L’intérêt des Business Angels est d’être confrontés à des opportunités inattendues, dans lesquelles certains n’auraient pas pensé investir.”

Des acteurs régionaux

Irdi Soridec Gestion, Créalia et Capitole Angels sont trois structures qui accompagnent le développement économique des entreprises depuis plusieurs années déjà en Occitanie voire de manière plus étendue dans le sud pour certaines. Avec des investissement allant de 20k à 10M€ par entreprise financée selon les fonds, ils permettent à de nombreuses structures de se lancer à différentes phases de leur développement.